Consommer local, une pratique devenue un mode de vie pour une partie des français.

Quel est l’état des stocks de poissons ?  

Sur les bancs des poissonniers, près 86 %  des poissons sont pêchés selon des méthodes dites non durables ou dans des stocks surexploités. Face à cette forte consommation, des familles de poissons sont en deçà de la demande constante. Malheureusement, la situation ne s’arrange pas : « L’état des ressources halieutiques marines a continué de se dégrader », constate la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) cette année encore (1). Les stocks exploités à un niveau biologiquement durable sont tombés à 67 % en 2015, contre 90 % en 1974. Ce qui signifie que le tiers des ressources sont surexploitées, « une situation pour le moins inquiétante », estime l’agence. Pour les ONG WWF et Bloom, il faudrait à tout le moins interdire la pêche minotière (intensive, destinée à fabriquer des huiles et farines de poissons pour l’industrie et l’aquaculture), mais aussi réduire la consommation de poissons dans les pays développés pour tendre vers les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé : 11 kg/an/personne, contre le double en France aujourd’hui.

L’UFC-Que Choisir recommande pour sa part « de diversifier les achats en privilégiant les espèces dont les stocks sont les plus fournis (par exemple lieu noir, merlan, hareng, maquereau) ».

Quelles zones géographiques sont surexploitées ? 

En Europe, la situation s’est un peu redressée dans les zones de pêche (Atlantique nord-est et des mers adjacentes), mais les progrès sont trop petits. De part ces résultats inquiétant, L’Union européenne (UE) a mis en place une politique commune de la pêche qui repose sur 3 axes principaux : 

  • Un nombre limité par zones de pêche et par pays
  • Une régulation des méthodes de pêche 
  • La création d’aires marines 

Ces axes visent à protéger les zones de reproduction et des poissons qui sont en pleine croissances. Malgré un mieux par rapport aux années 1980, l’état des stocks reste encore très préoccupant pour de nombreuses espèces, du fait de quotas de pêche trop élevés, de zones de pêches trop vastes et de contrôles/sanctions peu dissuasifs. La situation reste particulièrement inquiétante en Méditerranée.



Quelles sont les espèces surexploitées ? 

Dans les 10 espèces les plus pêchées (l’anchois du Pérou, le lieu d’Alaska, le hareng de l’Atlantique, la morue de l’Atlantique, le maquereau espagnol du Pacifique, le chinchard du Chili, le pilchard du Japon, le listao, le pilchard sud-américain et le capelan), 77% des stocks sont utilisés à un niveau durable. Cependant, ce chiffre diminue de 20% pour le thon (57%), dû à une surcapacité considérable des bateaux de faible tonnage ( flottilles de pêche thonière).

L’état des lieux est plus complexe qu’il n’y paraît, car il dépend de l’espèce, mais aussi des zones où l’espèce est prélevée, de la saison de la pêche et de l’année (plus ou moins favorable à la reproduction). Par exemple, les stocks de cabillaud (morue) sont critiques en mer d’Irlande et en mer Celtique, tandis qu’ils ont explosé dans le nord de l’Atlantique nord-est, au large de la Norvège et de la Russie, dû à la bonne situation climatique, mais aussi des résultats des plans de gestion. Les sébastes et les espèces d’eaux profondes sont en probable surexploitation. Dans l’Atlantique nord-ouest, l'inquiétude persiste pour le cabillaud, la morue, le merlu, la merluche et l'églefin, dont les stocks ne parviennent pas à s'alimenter.

Il est donc conseillé de limiter voire d’interdire les achats de poissons de grands fonds (notamment sabre noir, grenadier de roche, lingue bleue, empereur) par la faible quantité de stock disponible.